Quelques semaines après la mission de travail réalisée à Kananga du 17 au 28 mars 2026, la délégation de l’Agence nationale de promotion des exportations (ANAPEX) conduite par Thythy Nsumbu Tshikala, Directeur du Développement des produits et Assistance technique, a tiré les leçons d’une visite dont l’objectif était d’examiner les freins à l’exportation des produits locaux et de structurer une offre compétitive en direction des marchés internationaux, en particulier celui de l’Angola.
Après avoir rencontré les autorités politico-administratives ainsi que les opérateurs économiques, les délégués de l’ANAPEX ont fait quelques constats.
1. Forte dépendance aux importations et des flux mal maîtrisés
Lors de ses échanges avec le gouverneur intérimaire du Kasaï Central, Jacques Windama Kandende, et avec le vice‑président de l’Assemblée provinciale, Stéphane Kasuyi Katantshi, la délégation de l’ANAPEX a dressé un constat sans appel. Le Kasaï Central fonctionne encore trop souvent comme un simple « dépotoir des produits étrangers », selon l’expression employée par Thythy Nsumbu. Les produits agricoles locaux (soja, maïs, manioc, haricot, ananas) peinent à trouver leur place sur le marché angolais, faute d’une organisation efficace des flux à partir du poste frontalier de Kalamba-Mbuji.
L’ANAPEX a également identifié des obstacles structurels : taxes multiples, difficultés d’approvisionnement en matières premières, manque de normalisation des produits et absence de stratégie de diversification des marchés. Pour y remédier, l’Agence a présenté la Stratégie de promotion des exportations et de diversification des marchés (SPED RDC) ainsi que son Plan stratégique 2026‑2030, visant à renforcer la compétitivité des exportations congolaises.
2. Nécessité de fluidifier la frontière et réduire les tracasseries
Un des principaux axes de la mission de l’ANAPEX à Kalamba-Mbuji a été la collaboration avec les services en charge de l’ordre opérationnel à la frontière. En effet, le poste frontalier souffre d’une prolifération de services prestant, d’une fiscalité peu incitative et de tracasseries administratives qui ralentissent le passage des marchandises.
L’ANAPEX a plaidé pour une meilleure coordination entre les différents services (douanes, police, immigration, services techniques) afin de réduire les délais de transit. Cette démarche s’inscrit dans la volonté du gouvernement congolais de rétablir un « ordre opérationnel » aux frontières, comme l’a rappelé récemment le Vice‑Premier ministre en charge de l’Intérieur. L’objectif est de transformer Kalamba-Mbuji en une véritable porte d’entrée pour les exportations du Kasaï Central, et non plus seulement en un point de passage pour les importations.
3. L’impact du pont flottant sur les économies des deux pays
L’infrastructure qui relie les deux rives de la rivière Kasaï à Kalamba-Mbuji est un pont flottant (également appelé « pont jeté »). Il a été remis en service en 2020 grâce à la mobilisation du secteur privé. Ce pont, bien que provisoire et limité en tonnage (il ne supporte pas les charges lourdes), joue un rôle crucial dans la fluidité des échanges entre la RDC et l’Angola.
L’impact économique de ce pont flottant est multiple
– Pour la RDC : il permet de désenclaver le Kasaï Central en offrant un accès direct à la province angolaise de Lunda Norte, puis au port de Lobito sur l’océan Atlantique. Cette ouverture réduit les coûts de transport et ouvre de nouveaux débouchés pour les produits agricoles et miniers de la région.
– Pour l’Angola : la réhabilitation du pont facilite l’approvisionnement de sa région frontalière en produits congolais (denrées alimentaires, matériaux de construction, etc.) et renforce les échanges commerciaux avec l’arrière‑pays congolais. Les opérateurs économiques angolais bénéficient également d’une réduction des coûts logistiques.
Cependant, le pont flottant reste une solution de fortune. Les autorités provinciales préconisent le remplacement de cet ouvrage par un pont fixe en béton, capable de supporter un trafic plus dense et des charges lourdes. Un projet qui s’inscrit dans le cadre plus large de la modernisation de la route Kananga‑Kalamba‑Mbuji (230 km), surnommée la « Route de l’Espoir », qui vise à relier durablement le Kasaï Central au corridor de Lobito.
Après que la délégation conduite par le Directeur Thythy Nsumbu aie traversé le pont pour observer le trafic du côté angolais, l’ANAPEX s’est engagée à accompagner le plaidoyer des autorités politico-administratives de la province en travaillant main dans la main avec les services de l’ordre opérationnel pour améliorer la fluidité des passages, réduire les tracasseries et faire de Kalamba-Mbuji un véritable levier de développement économique pour les deux pays.
Rapport de mission/DDPAT/DSI/Avril2026

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