Une délégation de l’Agence nationale de promotion des exportations (ANAPEX) séjourne actuellement dans le territoire de Tshela, au Kongo Central, afin d’évaluer les difficultés qui freinent l’exportation du cacao produit dans cette partie du Mayombe.
Conduite par Thythy Nsumbu, Directeur du Développement des produits et Assistance technique (DDPAT), cette mission vise à recueillir les préoccupations des exportateurs, identifier les principaux goulots d’étranglement et proposer des solutions pour améliorer la compétitivité de la filière.
Après deux jours de route, les experts de l’ANAPEX ont effectué, le mercredi 15 juillet 2026, une visite de terrain sur deux sites stratégiques d’achat et de traitement du cacao situés dans le secteur de Nganda Tsundi : les installations de l’entreprise BOON et celles de la société LUKENI Sarl.
Chez BOON, la délégation s’est intéressée au fonctionnement d’un opérateur qui affirme centraliser à lui seul près de 91 % des achats de cacao du secteur. Cette visite avait pour objectif de vérifier, en conditions réelles, la conformité des différentes étapes de la chaîne de traitement – de l’achat jusqu’à l’exportation – avec les exigences des marchés internationaux, notamment en matière de fermentation, de séchage et de contrôle de la qualité.
Les experts de l’ANAPEX ont rappelé aux opérateurs l’importance du respect des normes internationales, notamment les normes ISO 2291 relatives à la teneur en humidité des fèves de cacao et ISO 2292 concernant les méthodes d’échantillonnage, considérées comme des références essentielles pour accéder aux marchés les plus exigeants.
La délégation s’est ensuite rendue dans les installations de LUKENI Sarl, où les agents ont inspecté plusieurs lots de cacao marchand déjà conditionnés pour l’exportation. Au-delà des recommandations techniques formulées pour améliorer les opérations, plusieurs contraintes structurelles ont été identifiées. Celles-ci feront l’objet d’un rapport détaillé destiné à proposer des mesures concrètes pour fluidifier la chaîne d’exportation.
Cette descente de terrain s’inscrit dans la mission de l’ANAPEX consistant à lever les obstacles qui pénalisent les exportations congolaises. La filière cacao du Kongo Central fait face à de nombreux défis, parmi lesquels un prix d’achat local particulièrement faible, souvent très inférieur aux cours observés dans les principaux pays producteurs d’Afrique de l’Ouest, tels que la Côte d’Ivoire et le Ghana.
L’agence entend également renforcer les capacités nationales en matière de certification de la qualité. Cet enjeu devient d’autant plus stratégique que les nouvelles exigences environnementales de l’Union européenne, notamment celles liées à la lutte contre la déforestation, risquent de limiter l’accès des produits congolais au marché européen si les critères de conformité ne sont pas respectés.
À l’issue de cette mission, un rapport assorti de recommandations est attendu dans les prochains jours. L’ANAPEX espère ainsi contribuer à apaiser les tensions entre les différents acteurs de la filière, améliorer la qualité du cacao congolais et renforcer sa compétitivité sur les marchés internationaux.

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